vendredi 28 août 2015

Cul-de-Sac


Je n'avais jamais été au bout de ma rue jusqu'à ce matin. Et pourtant, j'habite là depuis 22 ans! C'est que c'est un cul-de-sac, et ça se voit avant d'y arriver. Habituellement, je tourne sur la dernière rue avant cette section. Mais ce matin, j'ai décidé d'aller voir. Ouhhh! Non mais quelle audace!
Et ces temps-ci, je tricote des bas dont le motif vient d'un patron de veste qui s'appelle "Cul-de-Sac". C'est un des merveilleux dessins de Elsebeth Lavold, cette designer Suédoise qui crée des torsades d'inspiration Viking. Je prend souvent un de ses motifs pour les mettre sur...ce qui me tente!

Revenons à ma rue. J'habite à une extrémité (ou presque: il y a une maison qui m'en sépare), et cela donne sur une autre rue. C'est l'autre extrémité qui ne débouche sur rien. Les gens sensés ne s'engagent pas dans un cul-de-sac, au sens littéral ou figuré, excepté si ils habitent une maison qui s'y trouve. Ils doivent être tranquilles les gens qui habitent un cul-de-sac, hein? J'aime la tranquillité, mais ça, vous le saviez. 

Un cul-de-sac, au figuré, c'est quelque chose qui ne débouche sur rien, qui ne fonctionne pas, par rapport à ce qu'on avait prévu. Est-ce que ma vie est dans un cul-de-sac? Sur le plan professionnel, peut-être un peu. Mais ce n'est pas grave du tout dans mon cas. Ce que je veux dire, c'est que ma carrière de tricoteuse ne pourra probablement pas aller plus loin. Je ne peux pas vivre de la vente à cause de la longueur que prend un article tricoté (voir ce message à ce sujet). Donc cet aspect de ce que je fais est un cul-de-sac. J'enseigne, une chance! Mais j'aurais bien aimé que la vente des patrons aille plus loin. Pour l'instant, ça piétine. J'en vend, mais il n'y a pas de quoi en vivre.

En fait, c'est l'aspect monétaire qui n'est pas reluisant au yeux de la société actuelle. Faut dire que j'ai plusieurs patrons gratuits! Hi! Hi! 
Mais moi, j'aime ce que je fais. Vraiment! Je tricote, je crée et je montre à tricoter à ceux/celles qui le veulent. Je suis active, mais pas stressée par mes occupations. Dans un système moins capitaliste, j'en vivrais. Mais ici, certains métiers sont hyper-valorisés comparés à d'autres.
Bof! On s'en fout! Je vis simplement (voir cet autre message à ce sujet) et j'aime ma vie! Je suis une inconnue, je suis "pauvre", mais je suis en paix et je fais ce que j'aime! 
Ça vaut très cher!
À la base de plein air de Ste-Foy

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